21.05.2007

Le Président Sarkozy vers une démarche de dévelloppement durable

 

 

Le président Nicolas Sarkozy a proposé aujourd'hui  aux organisations écologistes non gouvernementales (ONG) des négociations sur trois thèmes : prévention du réchauffement climatique, biodiversité et santé.

Le président Nicolas Sarkozy entend organiser les "Grenelle de l'environnement" en septembre-octobre.

La rencontre avec le chef de l'Etat et le ministre de l'Ecologie, Alain Juppé, visait à  préparer cette conférence, dont l'intitulé fait référence aux accords sociaux de Grenelle qui ont conclu les grandes grèves de mai 1968.

Les dirigeants des neufs ONG invitées à  l'Elysée se sont dits satisfaits .

"Le 'Grenelle de l'environnement' ne sera pas un énième colloque pour constater l'urgence écologique et conclure qu'il faut agir", a déclaré Nicolas Sarkozy à  ces organisations, selon le texte de son intervention diffusé par l'Elysée. "Il s'agit bien d'une négociation sur des mesures concrètes."

"Il faut prévenir le changement climatique et ses conséquences (...) Il faut préserver la biodiversité (...) Il faut prévenir les conséquences des pollutions sur la santé", a poursuivi le chef de l'Etat. "Ce sont mes trois priorités d'action et je vous propose que ce soit les trois priorités du 'Grenelle de l'environnement".

Il a précisé que cela devait déboucher sur un contrat entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations. "Je veux que ce contrat engage les responsables", a insisté Nicolas Sarkozy. Ce contrat devra porter, dans un premier temps, sur une période de cinq ans et les engagements pris feront l'objet d'une évaluation annuelle, a-t-il précisé.

Lors d'une conférence de presse tenue séparément, le ministre d'Etat de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a souligné que le chef de l'Etat souhaitait réunir à  nouveau les mêmes partenaires, le 14 juillet, pour "une réunion d'étape".

 

Nicolas Sarkozy a proposé que des réunions interrégionales et des sondages permettent aux Français de "s'exprimer sur ce qu'ils considèrent comme prioritaire" et a promis qu'il n'y aurait pas de "sujets tabou".

Après la rencontre, qui a duré plus d'une heure et demie, le président de Greenpeace France a estimé que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé avaient "montré un grand signe d'ouverture", même si le président a rappelé ses positions en faveur du nucléaire. "Que ce soit sur l'énergie, le nucléaire, l'agriculture ou l'incinération, on aura des points durs à  négocier", a déclaré Yannick Jadot. "Mais on espère que les conditions sur lesquelles on a travaillé permettront d'aborder en toute sérénité ces points durs pour avoir de vraies politiques de rupture et amener la France sur la voie de l'excellence environnementale."

Un avis partagé à  quelques nuances près par les dirigeants du WWF, des Amis de la Terre, d'Ecologie sans frontière, du Réseau Action Climat, de France Nature Environnement et de la Ligue ROC (présidée par l'astrophysicien Hubert Reeves).

L'animateur de télévision écologiste Nicolas Hulot, qui avait proposé aux candidats à  l'Elysée; pendant la campagne, de signer un "pacte écologique", a pour sa part fait état d'une sorte de moratoire sur les dossiers les plus sensibles."Une chose a été actée ce matin", a-t-il dit. "C'est que d'ici le Grenelle de l'environnement, dans les grands sujets concernant le développement durable, aucune décision lourde ne soit prise. Tout sera suspendu au Grenelle de l'Environnement."

"Il me semble qu'on dépassionne le débat et l'enjeu", a souligné Nicolas Hulot, pour qui le fait qu'un président et un ministre de droite consacrent leur premier lundi au pouvoir à  ces sujets augure "peut-être d'une conversion culturelle".

"Il n'y aura pas de décisions prises entre-temps", a confirmé Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux. "C'est l'une des garanties qu'on a obtenues aujourd'hui."

 

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